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NIZAR KABBANI ,LE "POETE DE LA FEMME."
LE FORUM DE SETIF ET DE SA REGION :: LITTERATURE , ART ET CULTURE. :: La littérature d'expression arabe .
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NIZAR KABBANI ,LE "POETE DE LA FEMME."

Nizar Kabbani, ou Qabbani, (en arabe نـزار قـبـّانـي , translittéré Nizār Qabbānī) (né le 21 mars 1923 à Damas, Syrie d'un père notable - mort le 30 avril 1998, à Londres, Grande-Bretagne) était un poète syrien, dont la poésie casse l’image traditionnelle de la femme arabe et invente un langage nouveau, proche de la langue parlée et riche de nombreuses images empruntées au monde de l’enfance.
Biographie
Dès l’âge de 16 ans, Nizar Kabbani commence à écrire des poèmes, largement consacrés à des thèmes amoureux.
En 1945, il obtient le diplôme de la faculté de droit de l’Université syrienne à Damas.
Il entre comme attaché au ministère Syrien des affaires étrangères et, ayant opté pour la carrière diplomatique, occupe divers postes de chargé d'affaires et de conseiller culturel dans les ambassades syriennes au Caire, à Ankara, à Madrid, à Pékin et à Beyrouth jusqu’à sa démission en 1966.
Après la défaite arabe face à Israël en 1967, il crée à Londres la maison d'édition « Nizar Khabbani » et devient un puissant et éloquent porte-parole de la cause arabe.
Installé à Beyrouth au milieu des années soixante, il disait ressentir « une immense tristesse en voyant tout le mal qu'on fait » à cette ville. Dans une interview au quotidien libanais « L'Orient le Jour » en 1977, à l'occasion de la parution de « A Beyrouth la femme, avec mon amour », il indiquait: « Je vis à Beyrouth depuis dix ans. Elle est pour moi la mère, l'amie et l'aimée ».
Depuis ses débuts en littérature en 1944 avec son premier recueil de poèmes, intitulé : La brune m'a dit, Nizar Kabbani a publié plus de trente recueils de poèmes, dont L'enfance d'un sein (1948), Samba (1949), tu es à moi (1950), le journal d'une femme indifférente (1968), des poèmes sauvages (1970), le livre de l'amour (1970), 100 lettres d'amour (1970), des poèmes hors- la loi(1972), je t'aime, je t'aime et la suite viendra (1978), A Beyrouth, avec mon amour (1978), que chaque année tu sois ma bien aimée (1978), Je jure qu'il n'y a de femmes que toi (1979) et plusieurs d'autres œuvres. Il va créer autour de lui une très grande controverse due au fait qu'il y relatait sans fausse pudeur son amour pour la femme.
Son œuvre, louée par des générations d'Arabes pour ses vers sensuels et romantiques, ne s'est pas limitée aux recueils de poésie. Il a apporté des contributions régulières au journal de langue arabe Al Hayat, et ses textes ont été mis en musique et chantés par Mohamed Abdelwahab, Najib Serraj ou Abdel Halim Hafez (Qariat el fingan, Rissala min tahtilmaa), ils ont également été chantés par des chanteuses Libanaises, Syriennes ou Égyptiennes comme Feyrouz, Oum Kalsoum et d’autres, ce qui a contribué à populariser son travail. Il est le poète arabe contemporain le plus populaire et le plus lu.
Il fut surnommé le poète de la femme et de la Oumma suite au tournant que connaîtra sa poésie après les défaites arabes successives face aux Israéliens. Il sera pratiquement le seul poète à ne pas chanter les louanges des dirigeants arabes et à les tenir pour cause de ces défaites.
Des textes de Nizar Kabbani ont été traduits en espagnol par Pedro Monteret (Institut hispano-arabe, 1964) et en anglais par Abdallah al-Uzari (in Con temporar.y ,4 rab Poetry, Penguin, 1986) et par Selma Khadra Jayyusi (in Modem Arabie Poetry, Columbia University Press, 1987).
Le poète syrien Youssef Karkoutly a pu dire de Nizar Khabbani qu'il était « aussi nécessaire à nos vies que l'air ».
Nizar Kabbani a été marié deux fois. Il avait eu deux enfants de son premier lit : Tawfiq décédé, et Hadba. Sa seconde épouse, Balqis al-Rawi, une enseignante irakienne qu'il avait rencontrée lors d'un récital de poésie à Bagdad, et qui lui donna également deux enfants, Omar et Zeïnab, a trouvé la mort dans un attentat perpétré par des activistes pro-iraniens contre l'ambassade d'Irak en 1981 à Beyrouth, où elle travaillait pour la section culturelle du gouvernement irakien. Cette disparition a beaucoup affecté le poète, qui reprit espoir grâce à ses enfants.
La fin de sa vie
Après la mort de Balkis, Kabbani quitte Beirouth. Il habitait entre Genève et Paris et s'établit à Londres pour ses 15 dernières années. [1]. Il continua à ecrire des poèmes qui soulevèrent quelques controverses et notamment "Quand annonceront ils la mort des Arabes?" et "Les coureurs" (Al mouharwilon المهرولون ). En 1997, Nizar Kabbani a souffert de problèmes de santé. Et malgré une amélioration vers la fin de 1997[2], il meurt à Londres le 30 Avril 1998 d'une crise cardiaque[3] à l'âge de 75. Il formula le voeux d'être inhumé à Damas, qu'il décrivait comme étant le ventre qui lui appris la poésie, la créativité et le gratifia de l'alphabet du Jasmin[4]. Il fut transporté à Damas quatre jour plus tard au Bab Al-Saghir[4]. Il fut pleuré et regretté dans tout les pays arabes où l'on diffusa sur les médias ses oeuvres littéraires.[4]
Son œuvre
La femme a été la source principale de l'inspiration poétique de Nizar Kabbani à cause du suicide de sa sœur. Il publie son premier recueil de poèmes, « La brune me l'avait dit» قالت لي السمراء , en 1944. Suivra « L'odeur du jasmin de Damas». Avec la publication, en 1952, de « La jeunesse d'un sein », qui rompait avec les traditions conservatrices de la littérature arabe, il acquiert une réputation d'audace, qui fera de lui, au fil des ans, l'un des poètes contemporains les plus importants de la littérature arabe.
Après la défaite arabe lors de la guerre israélo-arabe de 1967, son œuvre prend une coloration plus politique et engagée pour la cause arabe. Il publie alors « En marge du journal de la défaite ». Engagé politiquement, il écrit cette auto-critique de l'indétermination du monde arabe et de ses nombreuses erreurs. Quand on lui reprochait la dureté avec laquelle il critiquait les Arabes, il disait « âkher el daa' al kay », le dernier remède, c'est la cautérisation par le feu. L'un de ses derniers poèmes - « Les enfants de la pierre » - fait référence au soulèvement de l'Intifada dans les territoires occupés.
Son écriture s'est souvent emparé des thèmes du désespoir politique, et il a ainsi traité l'oppression des femmes comme une métaphore dans laquelle il voyait le destin maudit des Arabes. Dans son poème « Dessin avec des mots », il écrit : « Quand un homme désire une femme, il souffle dans une corne ; mais, quand une femme désire un homme, elle mange le coton de son oreiller ».
Le romancier égyptien Gamal el-Ghitanti, éditeur de l'hebdomadaire Les nouvelles de la Littérature, fit l'éloge de Nizar Kabbani en disant qu'il avait été « dans une certaine mesure, un grand poète arabe, qui fit un grand effort pour rendre sa poèsie compréhensible par tout le peuple et pas seulement par une élite ». toto kaka
On ajoute une partie d'une de ses poésies très fameuses qui a été traduite en français par Mohammad Réza Zakéri, un étudiant iranien, à ces explications:
Poésie de tristesse :
-Ton amour m'a appris d'être triste -Il y a longtemps que j'ai besoin -D'une femme qui m'attriste -D'une femme dans les bras de la quelle je puisse pleurer -Comme un passereau -D'une femme qui rassemble mes parties -Comme des pièces d'un cristal brisé
-Ton amour m'a fait entrer -Dans des pays de tristesse -Et moi, avent toi, -Je ne suis jamais entré -Dans des pays de tristesse -Je ne savais jamais que la larme c'est l'homme incarné -Que l'homme sans tristesse, -Il n'en qu'un souvenir.
Wikipedia .
A SUIVRE ...
Re: NIZAR KABBANI ,LE "POETE DE LA FEMME."
Le poème "Balkis" écrit à la mémoire de sa femme morte dans un attentat est grandiose . Il se compse de plus de 100 vers . En voilà quelques uns :
Merci à vous,
Merci à vous,
Assassinée, ma bien aimée !
Vous pourrez dès lors
Sur la tombe de la martyre
Porter votre funèbre toast.
Assassinée ma poésie !
Est-il un peuple au monde,
-Excepté nous-
Qui assassine le poème ?
O ma verdoyante Ninive !
O ma blonde bohémienne !
O vagues du Tigre printanier !
O toi qui portes aux chevilles
Les plus beaux des anneaux !
Ils t'ont tuée, Balkis !
Quel peuple arabe
Celui-là qui assassine
Le chant des rossignols !
Balkis, la plus belle des reines
Dans l'histoire de Babel !
Balkis, le plus haut des palmiers
Sur le sol d'Irak !
Quand elle marchait
Elle était entourée de paons,
Suivie de faons.
Balkis, ô ma douleur !
O douleur du poème à peine frôlé du doigt !
Est-il possible qu'après ta chevelure
Les épis s'élèveront encore vers le ciel ?
Merci à vous,
Merci à vous,
Assassinée, ma bien aimée !
Vous pourrez dès lors
Sur la tombe de la martyre
Porter votre funèbre toast.
Assassinée ma poésie !
Est-il un peuple au monde,
-Excepté nous-
Qui assassine le poème ?
O ma verdoyante Ninive !
O ma blonde bohémienne !
O vagues du Tigre printanier !
O toi qui portes aux chevilles
Les plus beaux des anneaux !
Ils t'ont tuée, Balkis !
Quel peuple arabe
Celui-là qui assassine
Le chant des rossignols !
Balkis, la plus belle des reines
Dans l'histoire de Babel !
Balkis, le plus haut des palmiers
Sur le sol d'Irak !
Quand elle marchait
Elle était entourée de paons,
Suivie de faons.
Balkis, ô ma douleur !
O douleur du poème à peine frôlé du doigt !
Est-il possible qu'après ta chevelure
Les épis s'élèveront encore vers le ciel ?
Re: NIZAR KABBANI ,LE "POETE DE LA FEMME."
Merci pour ce grand poètearabe qui a chanté la femme et l'arabité. Ce fut un poète
militant et un poète des grands chanteurs qui sont les idoles des jeunes : Abdelhalim et Kadham Essahar.
militant et un poète des grands chanteurs qui sont les idoles des jeunes : Abdelhalim et Kadham Essahar.
"Si la Loi divine présente un sens extérieur et un sens intérieur, c’est à cause de la diversité qui existe dans le naturel des hommes". Ibn Ruchd.
Re: NIZAR KABBANI ,LE "POETE DE LA FEMME."
Je ne connaissais pas cet auteur que je découvre grace à vous. J'aime beaucoup ce poéme
Quand annoncera-t-on la mort des Arabes ?
J'essaie, depuis l'enfance, de dessiner ces pays
Qu'on appelle-allégoriquement-les pays des Arabes
Pays qui me pardonneraient si je brisais le verre de la lune...
Qui me remercieraient si j'écrivais un poème d'amour
Et qui me permettraient d'exercer l'amour
Aussi librement que les moineaux sur les arbres...
J'essaie de dessiner des pays...
Qui m'apprendraient à toujours vivre au diapason de l'amour
Ainsi, j'étendrai pour toi, l'été, la cape de mon amour
Et je presserai ta robe, l'hiver, quand il se mettra à pleuvoir...
J'essaie de dessiner des pays...
Avec un Parlement de jasmin...
Avec un peuple aussi délicat que le jasmin...
Où les colombes sommeillent au dessus de ma tête
Et où les minarets dans mes yeux versent leurs larmes
J'essaie de dessiner des pays intimes avec ma poésie
Et qui ne se placent pas entre moi et mes rêveries
Et où les soldats ne se pavanent pas sur mon front
J'essaie de dessiner des pays...
Qui me récompensent quand j'écris une poésie
Et qui me pardonnent quand déborde le fleuve de ma folie...
J'essaie de dessiner une cité d'amour
Libérée de toutes inhibitions...
Et où la féminité n'est pas égorgée... ni nul corps opprimé
J'ai parcouru le Sud... J'ai parcouru le Nord...
Mais en vain...
Car le café de tous les cafés a le même arôme...
Et toutes les femmes une fois dénudées
Sentent le même parfum...
Et tous les hommes de la tribu ne mastiquent point ce qu'ils mangent
Et dévorent les femmes une à la seconde
J'essaie depuis le commencement...
De ne ressembler à personne...
Disant non pour toujours à tout discours en boîte de conserve
Et rejetant l'adoration de toute idole...
J'essaie de brûler tous les textes qui m'habillent
Certains poèmes sont pour moi une tombe
Et certaines langues linceul.
Je pris rendez-vous avec la dernière femme
Mais j'arrivai bien après l'heure
J'essaie de renier mon vocabulaire
De renier la malédiction du "Mubtada" et du "Khabar"
De me débarrasser de ma poussière et me laver le visage à l'eau de pluie...
J'essaie de démissionner de l'autorité du sable...
Adieu Koraich...
Adieu Kouleib...
Adieu Mudar...
J'essaie de dessiner ces pays
Qu'on appelle-allégoriquement- les pays des Arabes,
Où mon lit est solidement attaché,
Et où ma tête est bien ancrée,
Pour que je puisse différencier entre les pays et les vaisseaux...
Mais... ils m'ont pris ma boîte de dessin,
M'interdisent de peindre le visage de mon pays... ;
J'essaie depuis l'enfance
D'ouvrir un espace en jasmin.
J'ai ouvert la première auberge d'amour... dans l'histoire des Arabes...
Pour accueillir les amoureux...
Et j'ai mis fin à toutes les guerres d'antan entre les hommes et les femmes,
Entre les colombes... et ceux qui égorgent les colombes...
Entre le marbre... et ceux qui écorchent la blancheur du marbre...
Mais... ils ont fermé mon auberge...
Disant que l'amour est indigne de l'Histoire des Arabes
De la pureté des Arabes...
De l'héritage des Arabes...
Quelle aberration !!
J'essaie de concevoir la configuration de la patrie ?
De reprendre ma place dans le ventre de ma mère,
Et de nager à contre courant du temps,
Et de voler figues, amandes, et pêches,
Et de courir après les bateaux comme les oiseaux
J'essaie d'imaginer le jardin de l'Eden?
Et les potentialités de séjour entre les rivières d'onyx?
Et les rivières de lait...
Quand me réveillant... je découvris la futilité de mes rêves.
Il n'y avait pas de lune dans le ciel de Jéricho...
Ni de poisson dans les eaux de l'Euphrate...
Ni de café à Aden...
J'essaie par la poésie... de saisir l'impossible...
Et de planter des palmiers...
Mais dans mon pays, ils rasent les cheveux des palmiers...
J'essaie de faire entendre plus haut le hennissement des chevaux ;
Mais les gens de la cité méprisent le hennissement !!
J'essaie, Madame, de vous aimer...
En dehors de tous les rituels...
En dehors de tous textes.
En dehors de tous lois et de tous systèmes.
J'essaie, Madame, de vous aimer...
Dans n'importe quel exil où je vais...
Afin de sentir, quand je vous étreins, que je serre entre mes bras le terreau de mon
pays.
J'essaie -depuis mon enfance- de lire tout livre traitant des prophètes des Arabes,
Des sages des Arabes... des poètes des Arabes...
Mais je ne vois que des poèmes léchant les bottes du Khalife
pour une poignée de riz... et cinquante dirhams...
Quelle horreur !!
Et je ne vois que des tribus qui ne font pas la différence entre la chair des femmes...
Et les dates mûres...
Quelle horreur !!
Je ne vois que des journaux qui ôtent leurs vêtements intimes...
Devant tout président venant de l'inconnu..
Devant tout colonel marchant sur le cadavre du peuple...
Devant tout usurier entassant entre ses mains des montagnes d'or...
Quelle horreur !!
Moi, depuis cinquante ans
J'observe la situation des Arabes.
Ils tonnent sans faire pleuvoir...
Ils entrent dans les guerres sans s'en sortir...
Ils mâchent et rabâchent la peau de l'éloquence
Sans en rien digérer.
Moi, depuis cinquante ans
J'essaie de dessiner ces pays
Qu'on appelle-allégoriquement- les pays des Arabes,
Tantôt couleur de sang,
Tantôt couleur de colère.
Mon dessin achevé, je me demandai :
Et si un jour on annonce la mort des Arabes...
Dans quel cimetière seront-ils enterrés ?
Et qui les pleurera ?
Eux qui n'ont pas de filles...
Eux qui n'ont pas de garçons...
Et il n'y a pas là de chagrin
Et il n'y a là personne pour porter le deuil !!
J'essaie depuis que j'ai commencé à écrire ma poésie
De mesurer la distance entre mes ancêtres les Arabes et moi-même.
J'ai vu des armées... et point d'armées...
J'ai vu des conquêtes et point de conquêtes...
J'ai suivi toutes les guerres sur la télé...
Avec des morts sur la télé...
Avec des blessés sur la télé...
Et avec des victoires émanant de Dieu... sur la télé...
Oh mon pays, ils ont fait de toi un feuilleton d'horreur
Dont nous suivons les épisodes chaque soir
Comment te verrions-nous s'ils nous coupent le courant ??
Moi, après cinquante ans,
J'essaie d'enregistrer ce que j'ai vu...
J'ai vue des peuples croyant que les agents de renseignements
Sont ordonnés par Dieu... comme la migraine... comme le rhume...
Comme la lèpre... comme la gale...
J'ai vue l'arabisme mis à l'encan des antiquités,
Mais je n'ai point vu d'Arabes !!
Quand annoncera-t-on la mort des Arabes ?
J'essaie, depuis l'enfance, de dessiner ces pays
Qu'on appelle-allégoriquement-les pays des Arabes
Pays qui me pardonneraient si je brisais le verre de la lune...
Qui me remercieraient si j'écrivais un poème d'amour
Et qui me permettraient d'exercer l'amour
Aussi librement que les moineaux sur les arbres...
J'essaie de dessiner des pays...
Qui m'apprendraient à toujours vivre au diapason de l'amour
Ainsi, j'étendrai pour toi, l'été, la cape de mon amour
Et je presserai ta robe, l'hiver, quand il se mettra à pleuvoir...
J'essaie de dessiner des pays...
Avec un Parlement de jasmin...
Avec un peuple aussi délicat que le jasmin...
Où les colombes sommeillent au dessus de ma tête
Et où les minarets dans mes yeux versent leurs larmes
J'essaie de dessiner des pays intimes avec ma poésie
Et qui ne se placent pas entre moi et mes rêveries
Et où les soldats ne se pavanent pas sur mon front
J'essaie de dessiner des pays...
Qui me récompensent quand j'écris une poésie
Et qui me pardonnent quand déborde le fleuve de ma folie...
J'essaie de dessiner une cité d'amour
Libérée de toutes inhibitions...
Et où la féminité n'est pas égorgée... ni nul corps opprimé
J'ai parcouru le Sud... J'ai parcouru le Nord...
Mais en vain...
Car le café de tous les cafés a le même arôme...
Et toutes les femmes une fois dénudées
Sentent le même parfum...
Et tous les hommes de la tribu ne mastiquent point ce qu'ils mangent
Et dévorent les femmes une à la seconde
J'essaie depuis le commencement...
De ne ressembler à personne...
Disant non pour toujours à tout discours en boîte de conserve
Et rejetant l'adoration de toute idole...
J'essaie de brûler tous les textes qui m'habillent
Certains poèmes sont pour moi une tombe
Et certaines langues linceul.
Je pris rendez-vous avec la dernière femme
Mais j'arrivai bien après l'heure
J'essaie de renier mon vocabulaire
De renier la malédiction du "Mubtada" et du "Khabar"
De me débarrasser de ma poussière et me laver le visage à l'eau de pluie...
J'essaie de démissionner de l'autorité du sable...
Adieu Koraich...
Adieu Kouleib...
Adieu Mudar...
J'essaie de dessiner ces pays
Qu'on appelle-allégoriquement- les pays des Arabes,
Où mon lit est solidement attaché,
Et où ma tête est bien ancrée,
Pour que je puisse différencier entre les pays et les vaisseaux...
Mais... ils m'ont pris ma boîte de dessin,
M'interdisent de peindre le visage de mon pays... ;
J'essaie depuis l'enfance
D'ouvrir un espace en jasmin.
J'ai ouvert la première auberge d'amour... dans l'histoire des Arabes...
Pour accueillir les amoureux...
Et j'ai mis fin à toutes les guerres d'antan entre les hommes et les femmes,
Entre les colombes... et ceux qui égorgent les colombes...
Entre le marbre... et ceux qui écorchent la blancheur du marbre...
Mais... ils ont fermé mon auberge...
Disant que l'amour est indigne de l'Histoire des Arabes
De la pureté des Arabes...
De l'héritage des Arabes...
Quelle aberration !!
J'essaie de concevoir la configuration de la patrie ?
De reprendre ma place dans le ventre de ma mère,
Et de nager à contre courant du temps,
Et de voler figues, amandes, et pêches,
Et de courir après les bateaux comme les oiseaux
J'essaie d'imaginer le jardin de l'Eden?
Et les potentialités de séjour entre les rivières d'onyx?
Et les rivières de lait...
Quand me réveillant... je découvris la futilité de mes rêves.
Il n'y avait pas de lune dans le ciel de Jéricho...
Ni de poisson dans les eaux de l'Euphrate...
Ni de café à Aden...
J'essaie par la poésie... de saisir l'impossible...
Et de planter des palmiers...
Mais dans mon pays, ils rasent les cheveux des palmiers...
J'essaie de faire entendre plus haut le hennissement des chevaux ;
Mais les gens de la cité méprisent le hennissement !!
J'essaie, Madame, de vous aimer...
En dehors de tous les rituels...
En dehors de tous textes.
En dehors de tous lois et de tous systèmes.
J'essaie, Madame, de vous aimer...
Dans n'importe quel exil où je vais...
Afin de sentir, quand je vous étreins, que je serre entre mes bras le terreau de mon
pays.
J'essaie -depuis mon enfance- de lire tout livre traitant des prophètes des Arabes,
Des sages des Arabes... des poètes des Arabes...
Mais je ne vois que des poèmes léchant les bottes du Khalife
pour une poignée de riz... et cinquante dirhams...
Quelle horreur !!
Et je ne vois que des tribus qui ne font pas la différence entre la chair des femmes...
Et les dates mûres...
Quelle horreur !!
Je ne vois que des journaux qui ôtent leurs vêtements intimes...
Devant tout président venant de l'inconnu..
Devant tout colonel marchant sur le cadavre du peuple...
Devant tout usurier entassant entre ses mains des montagnes d'or...
Quelle horreur !!
Moi, depuis cinquante ans
J'observe la situation des Arabes.
Ils tonnent sans faire pleuvoir...
Ils entrent dans les guerres sans s'en sortir...
Ils mâchent et rabâchent la peau de l'éloquence
Sans en rien digérer.
Moi, depuis cinquante ans
J'essaie de dessiner ces pays
Qu'on appelle-allégoriquement- les pays des Arabes,
Tantôt couleur de sang,
Tantôt couleur de colère.
Mon dessin achevé, je me demandai :
Et si un jour on annonce la mort des Arabes...
Dans quel cimetière seront-ils enterrés ?
Et qui les pleurera ?
Eux qui n'ont pas de filles...
Eux qui n'ont pas de garçons...
Et il n'y a pas là de chagrin
Et il n'y a là personne pour porter le deuil !!
J'essaie depuis que j'ai commencé à écrire ma poésie
De mesurer la distance entre mes ancêtres les Arabes et moi-même.
J'ai vu des armées... et point d'armées...
J'ai vu des conquêtes et point de conquêtes...
J'ai suivi toutes les guerres sur la télé...
Avec des morts sur la télé...
Avec des blessés sur la télé...
Et avec des victoires émanant de Dieu... sur la télé...
Oh mon pays, ils ont fait de toi un feuilleton d'horreur
Dont nous suivons les épisodes chaque soir
Comment te verrions-nous s'ils nous coupent le courant ??
Moi, après cinquante ans,
J'essaie d'enregistrer ce que j'ai vu...
J'ai vue des peuples croyant que les agents de renseignements
Sont ordonnés par Dieu... comme la migraine... comme le rhume...
Comme la lèpre... comme la gale...
J'ai vue l'arabisme mis à l'encan des antiquités,
Mais je n'ai point vu d'Arabes !!
Re: NIZAR KABBANI ,LE "POETE DE LA FEMME."
Tous les poèmes de Kabbani sont merveilleux . Merci Djenkelly pour ce bonheur !
Re: NIZAR KABBANI ,LE "POETE DE LA FEMME."
L’ensemble de la poésie de Kabbani représente la valeur d’ un bonheur incommensurable pour celui qui l’écoute .Surnommé le poète de la femme , il était aussi et surtout le poète de la sensibilité féconde et de l’arabité originelle dans ce qu’elle a de divers et de riche. Patriote ardent, il laissait s 'exprimer ,à travers ses poèmes remarquables , une rage, tantôt violente tantôt "douce " contre ces régimes arabes honnis à cause de leur versatilité , de leur faiblesse et de leur complaisance avec les ennemis des Palestiniens. Poète de l’amour , poète de la société arabe , poète de la diversité moyen-orientale , Kabbani était tout cela en même temps. C’est l’homme qui versifiait en philosophant.C’est l’arabe qui retrouvait dans le ghazal la joie d‘exprimer son respect et son admiration à " Madame " comme l’avaient fait avant lui les prestigieux Majnoun Leila , Kawthar Azza ou Djamil Bouthéina .
أتحبني بعد الذي كانا
كانا إني أحبكِ رغم ما
إثارتَهُ ماضيكِ لاأنوي
الآنا حسبي بأنكِ هاهنا
تَتَبَسَّمينَ وتُمْسِكينَ يدي
فيعود شكِّي فيكِ إيمانا
عن أمس لا تتكلمي أبدا
وتألَّقي شَعْراً وأجفانا
أخطاؤكِ الصغرى أمرُّ بها
وأُحوِّل الأشواك ريحانا
لولا المحبة في جوانحه
ما أصبح الإنسان إنسانا
Est-ce que tu m'aimes après tout
Car, moi, j'ai tout oublié.
Ton passé, je ne compte pas le réveiller
Il me suffit que tu sois là maintenant.
Tu souris et tu tiens ma main
Et mon doute en toi devient croyance,
D'hier, ne parle jamais
Et laisse faire les yeux et les cheveux.
Tes petits péchés, j'en passe
Et je transforme les épines en encens.
Sans l'amour dans ses ailes
L'homme ne serait pas l'homme de maintenant.
كانا إني أحبكِ رغم ما
إثارتَهُ ماضيكِ لاأنوي
الآنا حسبي بأنكِ هاهنا
تَتَبَسَّمينَ وتُمْسِكينَ يدي
فيعود شكِّي فيكِ إيمانا
عن أمس لا تتكلمي أبدا
وتألَّقي شَعْراً وأجفانا
أخطاؤكِ الصغرى أمرُّ بها
وأُحوِّل الأشواك ريحانا
لولا المحبة في جوانحه
ما أصبح الإنسان إنسانا
Est-ce que tu m'aimes après tout
Car, moi, j'ai tout oublié.
Ton passé, je ne compte pas le réveiller
Il me suffit que tu sois là maintenant.
Tu souris et tu tiens ma main
Et mon doute en toi devient croyance,
D'hier, ne parle jamais
Et laisse faire les yeux et les cheveux.
Tes petits péchés, j'en passe
Et je transforme les épines en encens.
Sans l'amour dans ses ailes
L'homme ne serait pas l'homme de maintenant.
Re: NIZAR KABBANI ,LE "POETE DE LA FEMME."
Poète de la femme il le fut , poète de l'arabité il le fut , poète de l'espoir il le fut , poète du progrés il le fut , enfin poète de l'universalité il le fut aussi . Kabbani fut tout cela . Il a chanté l'amour courtois dans une version moderne inimitable , au moins aussi forte que celle de Majnoun Leila , au moins aussi impossible que celle de Djamil Bouthéina , au moins aussi pathétique que celle de Sayd , l'amoureux de Hizia . Avec une passion inextinguible guidée par des espérances qui ont fait défaut , mais qu'il faut tout le temps solliciter. Ce fut un poète de plusieurs générations de chanteurs . Il rehaussa la notoriété de Abdelhalim Hafedh et renforça l'aura et le prestige de Kadem Essahar . A tel point que beaucoup de fans de la douce et mélancolique chanson arabe sont d'accord pour affirmer que la disparition du grand poète a provoqué le recul de Kadem Essaher qui ne retrouve plus cette aisance et ce brio que Kabbani l'a aidé à avoir.

LE MONSTRE
Ton amour demeure cette tragique embarcation
qui a jeté l'ancre sur ma poitrine.
Il ne cesse de m'agresser et de me larguer sur les rochers,
comment pourrais-je le contrer ?
Comme un monstre il continue à me mâcher
et moi je continue à le supporter.
J'ai essayé un jour de le combattre,
Je me suis détaché de lui et pourtant
je reste son prisonnier.

LE MONSTRE
Ton amour demeure cette tragique embarcation
qui a jeté l'ancre sur ma poitrine.
Il ne cesse de m'agresser et de me larguer sur les rochers,
comment pourrais-je le contrer ?
Comme un monstre il continue à me mâcher
et moi je continue à le supporter.
J'ai essayé un jour de le combattre,
Je me suis détaché de lui et pourtant
je reste son prisonnier.
Re: NIZAR KABBANI ,LE "POETE DE LA FEMME."
Que dire de plus sur ce poète hors du commun ?
Je me contente de présenter simplement et avec sa traduction , un des plus beaux poèmes écrits par Kabbani , poème qui , puissamment et spontanément , sort des entrailles de celui qui a perdu sa moitié , l’ être cher ,l’inoubliable Belkis , son épouse , tragiquement disparue sous les décombres du siége de l’ambassade d’Irak à Beyrouth , pulvérisée un jour de 1982 par un attentat israélien criminel . Il y chante l’ hymne à la femme avec des mots simples, avec des comparaisons captivantes et touchantes et avec une passion , une exaltation et une ivresse tellement intenses que le lecteur s’imagine aisément au milieu des rêves féeriques mais impossibles du poète . Ce texte sera l’un des succès de la chanson interprétée par le célèbre chanteur irakien Kadhem Essahar , l’idole de la jeunesse arabe.
Je me contente de présenter simplement et avec sa traduction , un des plus beaux poèmes écrits par Kabbani , poème qui , puissamment et spontanément , sort des entrailles de celui qui a perdu sa moitié , l’ être cher ,l’inoubliable Belkis , son épouse , tragiquement disparue sous les décombres du siége de l’ambassade d’Irak à Beyrouth , pulvérisée un jour de 1982 par un attentat israélien criminel . Il y chante l’ hymne à la femme avec des mots simples, avec des comparaisons captivantes et touchantes et avec une passion , une exaltation et une ivresse tellement intenses que le lecteur s’imagine aisément au milieu des rêves féeriques mais impossibles du poète . Ce texte sera l’un des succès de la chanson interprétée par le célèbre chanteur irakien Kadhem Essahar , l’idole de la jeunesse arabe.
مدرسة الحب
أدخلني حبك سيدتي مدن الأحزان
وأنا من قبلك لم ادخل مدن الأحزان
لم اعرف أبدا أن الدمع هو الإنسان
أن الإنسان بلا حزن ذكرى إنسان
علمني حبك إن احزن
وأنا محتاج منذ عصور لآمراة تجعلني احزن
لأمراه ابكي فوق ذراعيها مثل العصفور
لأمراه تجمع أجزائي كشظايا البلور المكسور
علمني حبك سيدتي أسوء عادات
علمني افتح فنجاني في الليلة آلاف المرات
وأجرب طب العطارين واطرق باب العرافات
علمني أن اخرج من بيتي لأمشط أرصفة الطرقات
وأطارد وجهك في الأمطار وفي أضواء السيارات
والملم من عينيكِ ملاين النجمات
يا امرأة دوخت الدنيا يا وجعي يا وجع النايات
أدخلني حبك سيدتي مدن الأحزان
وأنا من قبلك لم ادخل مدن الأحزان
لم اعرف أبدا أن الدمع هو الإنسان
أن الإنسان بلا حزن ذكرى إنسان
علمني حبك أن أتصرف كالصبيان
أن ارسم وجهك بالطبشور على الحيطان
يا امرأة قلبت تاريخي
آني مذبوح فيكِ من الشريان إلى الشريان
علمني حبك كيف الحب يغير خارطة الأزمان
علمني حين أحب تكف الأرض عن الدوران
علمني حبك أشياء ما كانت أبدا في الحسبان
فقرات أقاصيص الأطفال
دخلت قصور ملوك الجان
وحلمت بان تتزوجني بنت السلطان
تلك العيناها أصفى من ماء الخلجان
تلك الشفتاها أشهى من زهر الرمان
وحلمت باني اخطفها مثل الفرسان
وحلمت باني اهديها أطواق اللؤلؤ والمرجان
علمني حبك يا سيدتي ما الهذيان
علمني كيف يمر العمر
ولا تأتى بنت السلطان
.نزار قباني
VOICI SA TRADUCTION :
L'ECOLE DE L'AMOUR
Votre amour, madame, m'a fait entrer dans les cités de la tristesse
Et moi avant votre amour, je n’ai jamais visité de telles cités.
Je n'ai jamais su que les larmes et l’humain ne font qu’un,
Que l'humain sans tristesse n’est que le souvenir d'un humain.
Votre amour m'a appris à être triste
Et depuis des siècles j'avais besoin d'une femme qui me rendrait triste,
D'une femme entre les bras desquels je pleurerais comme un oiseau
D'une femme , qui rassemblerait mes débris tels les pièces d'un bocal cassé.
Votre amour madame, m'a enseigné les mauvaises manières,
Il m'a appris a scruter ma tasse,la nuit, des milliers de fois,
à me confier aux guérisseurs et à m’adresser aux voyantes.
Il m'a appris à sortir de chez moi pour errer dans les rues
Et à rechercher votre visage sous la pluie et dans la lueur des feux.
A rassembler a partir de vos yeux des millions d'étoiles
O femme qui a bouleversé le monde , O ma douleur, O douleur des Nays .
Votre amour, madame, m'a fait entrer dans les cités de la tristesse
Et moi avant votre amour je n’ai pas visité de telles cités.
Je n'ai jamais su que les larmes et l'humain ne font qu’un,
que l' humain sans tristesse n'était que le souvenir d'un humain.
Votre amour m'a appris à me conduire comme un enfant,
A dessiner votre visage avec la craie sur les murs.
O femme qui a bouleversé mon histoire,
qui a écorché mon corps de bout en bout.
Votre amour m'a appris comment se modifie le cours du temps,
que lorsque j'aime, la terre cesse de tourner.
Il m'a appris des choses qui ne me sont jamais venues à l’esprit.
Alors j'ai lu les contes d'enfant,
Je suis entré dans les palais des merveilles
Et j'ai rêvé de mon mariage avec la fille du sultan,
la fille aux yeux clairs eau de roche,
aux lèvres plus tendres que les fleurs des grenades,
celle que j’enlevais comme le firent les princes charmants
en lui offrant des quantités de perles et de coraux .
Votre amour,madame, m'a enseigné ce qu'est le délire
Il m'a appris comment le temps s’enfuit
sans qu’apparaisse la fille du sultan ......
أدخلني حبك سيدتي مدن الأحزان
وأنا من قبلك لم ادخل مدن الأحزان
لم اعرف أبدا أن الدمع هو الإنسان
أن الإنسان بلا حزن ذكرى إنسان
علمني حبك إن احزن
وأنا محتاج منذ عصور لآمراة تجعلني احزن
لأمراه ابكي فوق ذراعيها مثل العصفور
لأمراه تجمع أجزائي كشظايا البلور المكسور
علمني حبك سيدتي أسوء عادات
علمني افتح فنجاني في الليلة آلاف المرات
وأجرب طب العطارين واطرق باب العرافات
علمني أن اخرج من بيتي لأمشط أرصفة الطرقات
وأطارد وجهك في الأمطار وفي أضواء السيارات
والملم من عينيكِ ملاين النجمات
يا امرأة دوخت الدنيا يا وجعي يا وجع النايات
أدخلني حبك سيدتي مدن الأحزان
وأنا من قبلك لم ادخل مدن الأحزان
لم اعرف أبدا أن الدمع هو الإنسان
أن الإنسان بلا حزن ذكرى إنسان
علمني حبك أن أتصرف كالصبيان
أن ارسم وجهك بالطبشور على الحيطان
يا امرأة قلبت تاريخي
آني مذبوح فيكِ من الشريان إلى الشريان
علمني حبك كيف الحب يغير خارطة الأزمان
علمني حين أحب تكف الأرض عن الدوران
علمني حبك أشياء ما كانت أبدا في الحسبان
فقرات أقاصيص الأطفال
دخلت قصور ملوك الجان
وحلمت بان تتزوجني بنت السلطان
تلك العيناها أصفى من ماء الخلجان
تلك الشفتاها أشهى من زهر الرمان
وحلمت باني اخطفها مثل الفرسان
وحلمت باني اهديها أطواق اللؤلؤ والمرجان
علمني حبك يا سيدتي ما الهذيان
علمني كيف يمر العمر
ولا تأتى بنت السلطان
.نزار قباني
VOICI SA TRADUCTION :
L'ECOLE DE L'AMOUR
Votre amour, madame, m'a fait entrer dans les cités de la tristesse
Et moi avant votre amour, je n’ai jamais visité de telles cités.
Je n'ai jamais su que les larmes et l’humain ne font qu’un,
Que l'humain sans tristesse n’est que le souvenir d'un humain.
Votre amour m'a appris à être triste
Et depuis des siècles j'avais besoin d'une femme qui me rendrait triste,
D'une femme entre les bras desquels je pleurerais comme un oiseau
D'une femme , qui rassemblerait mes débris tels les pièces d'un bocal cassé.
Votre amour madame, m'a enseigné les mauvaises manières,
Il m'a appris a scruter ma tasse,la nuit, des milliers de fois,
à me confier aux guérisseurs et à m’adresser aux voyantes.
Il m'a appris à sortir de chez moi pour errer dans les rues
Et à rechercher votre visage sous la pluie et dans la lueur des feux.
A rassembler a partir de vos yeux des millions d'étoiles
O femme qui a bouleversé le monde , O ma douleur, O douleur des Nays .
Votre amour, madame, m'a fait entrer dans les cités de la tristesse
Et moi avant votre amour je n’ai pas visité de telles cités.
Je n'ai jamais su que les larmes et l'humain ne font qu’un,
que l' humain sans tristesse n'était que le souvenir d'un humain.
Votre amour m'a appris à me conduire comme un enfant,
A dessiner votre visage avec la craie sur les murs.
O femme qui a bouleversé mon histoire,
qui a écorché mon corps de bout en bout.
Votre amour m'a appris comment se modifie le cours du temps,
que lorsque j'aime, la terre cesse de tourner.
Il m'a appris des choses qui ne me sont jamais venues à l’esprit.
Alors j'ai lu les contes d'enfant,
Je suis entré dans les palais des merveilles
Et j'ai rêvé de mon mariage avec la fille du sultan,
la fille aux yeux clairs eau de roche,
aux lèvres plus tendres que les fleurs des grenades,
celle que j’enlevais comme le firent les princes charmants
en lui offrant des quantités de perles et de coraux .
Votre amour,madame, m'a enseigné ce qu'est le délire
Il m'a appris comment le temps s’enfuit
sans qu’apparaisse la fille du sultan ......
















